Au nom de XXX organisations de la société civile, nous
demandons à la Climate Bonds Initiative (CBI) de renoncer à la certification
des projets hydroélectriques destructeurs. Les critères proposés par la CBI
sont loin de correspondre aux normes et pratiques acceptables. Leur adoption
constituerait une menace considérable pour les rivières, les communautés et les
Espèces d'eau douce qui en dépendent. L’adoption des
critères sur l’hydroélectricité risquerait de créer une source de financement
rentable pour les promoteurs de barrages sans contribuer à enrayer la crise
climatique.
Dans son empressement à capitaliser
sur le marché en expansion des projets avec certification climatique, la Climate
Bonds Initiative s'est alignée sur l'Association internationale de l'hydroélectricité
(IHA), un organisme créé pour promouvoir les intérêts des entreprises du secteur
hydroélectrique et renforcer leur image. Ces dernières années, l'IHA a déployé
une série d'outils et de directives au lieu de normes et de mécanismes
internationaux établis pour évaluer les coûts et les avantages de
l'hydroélectricité.
Les impacts environnementaux et
sociaux néfastes des barrages hydroélectriques sont maintenant bien documenté,
y compris : le déplacement et l'appauvrissement de millions de personnes, en
particulier les peuples autochtones ; l'extinction d'espèces d'eau douce ; et
la fragmentation des cours d'eau. La CBI propose cependant d’adopter l’outil
d’évaluation environnementale, sociale et de gouvernance de l'IHA comme
principale source d'évaluation et de vérification. Ce ne serait qu'un exercice
de « cas à cocher » par des évaluateurs accrédités par l'IHA elle-même - un
conflit d'intérêts flagrant - bafouant les normes et conventions internationales
conçues pour protéger les rivières et les droits des communautés. Cela irait également
à l'encontre des approches positives adoptées dans le cadre de la norme
existante de la CBI pour les infrastructures hydrauliques.
Les réservoirs hydroélectriques
émettent des quantités importantes de gaz à effet de serre, surtout méthane –
un gaz à effet de serre particulièrement puissant et contribuent de manière
significative à la crise climatique. Pourtant, les critères proposés par CBI
sont tellement faible que même les barrages à fortes émissions pourraient être
certifiés par la CBI. Ce problème est aggravé par la proposition de la CBI
d’utiliser l’outil de l’IHA pour calculer les émissions, un outil qui
sous-estime systématiquement les émissions de gaz à effet de serre des barrages.
Le financement climatique peut jouer un rôle crucial pour garantir des
résultats positifs pour les rivières. Cela pourrait inclure : la protection des
ressources en eau douce menacées ; rétablir les flux qui facilitent la
reconnexion des écosystèmes fragmentés ; assurer des flux culturels et environnementaux
déterminés en concertation avec les populations affectées ; et promouvoir les
efforts de restauration des rivières tels que le déclassement des barrages
obsolètes. Ceci est de la plus haute importance car nos ressources en eau douce
sont indispensables au maintien en cette période de changement climatique.
La CBI a déjà publié une norme distincte pour les infrastructures
hydrauliques qui a franchi une étape importante pour aider à promouvoir des solutions
fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique. Les critères
de CBI sur l'hydroélectricité représentent un pas en arrière, permettant les
projets énergétiques habituels qui menacent davantage nos rivières. Si ces
critères sont approuvés, ils vont exacerber les menaces mondiales qui pèsent
sur la diversité biologique des eaux douces, saperait les valeurs culturelles
et les droits de l’homme des communautés affectées, et ne contribuerait pas
dans la résolution de la crise climatique. En même temps, cela nuirait à la réputation
de la Climate Bonds Initiative et contribuerait à discréditer les mécanismes de
financement des obligations vertes en général. Par conséquent, nous demandons à
la CBI, à son conseil d’administration et à ses organes consultatifs, de
renoncer à l’adoption des critères qui s’occupent de l’industrie
hydroélectrique au lieu de proposer des solutions concrètes pour faire face à
la crise climatique.
Organismes de soutien: International Rivers
Rivers without Boundaries.
Partagé par
Christophe
CIRUMIRA.

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